Vie de Botul


L'affaire de Carcassonne

(Sur un épisode peu connu de la vie de Botul)

 

En 1928, Botul, professeur de philosophie au lycée de Carcassonne, est exclu de l'Instruction publique pour avoir emmenés ses élèves de Terminale à «Mon Caprice», une «maison close» de la ville. Récemment exhumés de l'armoire de Lairière (liasse YTC 56), des documents inédits permettent de retracer les épisodes de cette étonnante affaire.

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Il y a d'abord le procès-verbal de l'audition devant le commissaire divisionnaire Castanède de Madame Paquita Soubeyrou, dite «la grande Paulette» dans lequel cette «taulière» raconte qu'il s'agissait d'une soirée «à thème», que les filles de «Mon Caprice» et les élèves étaient vêtus «à la grecque», avec des chlamydes, des toges, des couronnes de laurier. Le grand salon était transformé pour accueillir un symposium c'est-à-dire un banquet athénien. Sur des banquettes à deux places en demi-cercle, étaient allongés les convives, appuyés sur le coude gauche. Au centre,un cratère contenait le vin servi dans des coupes. Ces dames portaient toutes des noms grecs, - Mammarion, Hédéia, Erotion-, tandis que les élèves s'appelaient, comme chez Platon, Pausanias, Eryximaque, Agathon, Alicibiade. Sous le contrôle de la grande Paulette, rebaptisée «Leontion» (la lionne), le vin était mélangé à l'eau de façon à ce que l'ivresse soit progressive, contrôlée et le banquet dûment piloté. Chaque élève dut prononcer un discours en l'honneur de Dionysos, dieu du vin, des Muses et d'Apollon, divinités de l'éloquence et de la poésie.

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