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Vive la fête du Faux Travail
Discours de Christophe Clerc
Discours de Amandine Brylinski
Discours de Frédéric Pagès

 

Frédéric Pagès projette les cendres de Jean-Baptiste Botul devant le Panthéon lors du Colloque Vive la fête du faux travailEntre ici Jean-Baptiste Botul!

Discours fondateur de Frédéric Pagès

Chers amis de la philosophie,

Nous sommes trente selon les organisateurs, trente mille selon la police qui se trompe souvent ! (applaudissements nourris). Merci d’être venus si nombreux pour ce colloque en plein air que nous sommes obligés de tenir ici, debout, sans buffet, sur le pavé, puisque l'entrée du Panthéon nous a été interdite par les plus hautes autorités. Honte à elles ! (houhou ! spontanés dans le public).
C'est bien la preuve que nous faisons peur !!
Mes amis, nous sommes ici pour travailler sur le concept de Vrai Travail et nous avons beaucoup de choses à dire.
Et d'abord ceci : Botul n'a jamais travaillé.
C’était un vrai faux-travailleur.
Il a été gardien de chèvres, professeur de tango, chauffeur de taxi, ramoneur-fumiste, marchand de dissertations, taxithérapeute, polisseur de lentilles blondes, répétiteur pour bègues, douanier sans frontières, médecin sans rombières, chien d’aveugle, planteur de café allongé, souffleur de vers à la Comédie française.
Il était surtout philosophe, or un vrai philosophe ne travaille pas ! Descartes ne travaillait pas : il ne faisait qu'agiter sa glande pinéale, d'où l'expression de « glander » que Botul a développé en « glandouiller .»

A propos Descartes, nous exigeons que soit mis fin à une séparation douloureuse : son crâne est à l'église Saint Germain tandis que son tronc est au Musée de l'Homme. Au nom de l'unité nationale, nous demandons que les deux morceaux du philosophe soient solennellement recollés au Panthéon. (cris dans la foule: « Descartes au Panthéon ! DSK au Carlton ! »)
Socrate non plus ne travaillait pas. Les Grecs ne travaillaient pas et ils allaient beaucoup mieux qu'aujourd'hui. A Athènes, seuls les esclaves et les femmes travaillaient. Les mâles grecs se réunissaient dans des banquets pour faire de la philo en buvant de l’ouzo et taquiner sophie en dansant le sirtaki. Pas de dette, pas de chômage ! Ils discutaient jusqu'à pas d'heure du fini et de l’infini, jamais du FMI. En ce temps-là, la Grèce était classée AAA : Aristote, Alexandrie, Alexandra.
Mais revenons à Botul qui fut excommunié pour avoir osé reprocher au pape de coincer la bulle. Il repose dans son village natal de Lairière, dans les châtaignes et l'oubli général, sous prétexte qu'il était de tradition orale. C'est injuste !
Demandons son transfert immédiat au Panthéon !
Ou plutôt organisons nous-mêmes l'entrée de ses cendres dans le temple de la République !
J'ai ici l'urne funéraire de Botul. Mes amis, soufflons le fer quand il est chaud ! Soufflons ensemble à pleins poumons dans la même direction, afin que les cendres de notre Philosophe franchissent enfin les grilles du Panthéon !
(Le président des Amis de Jean-Baptiste Botul projette les cendres en l'air, sans considérer le vent contraire qui le couvre d'une fine couche grisâtre)

Vive le 1er mai ! (toussant) A bas les planqués du Panthéon ! A bas le repos éternel ! Vive Botul !

(cris de joie, des chapeaux volent en l'air)